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 Mauvais début de soirée | Michelle Thann

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Raphael Reed Carpenter
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MessageSujet: Mauvais début de soirée | Michelle Thann   Mer 28 Jan - 0:23

Close your eyes and I . . .

Il ne faisait pas encore tout à fait nuit. Le jour se couchait à peine en réalité. Mes journées étaient toujours rythmées par la musique. Rien qu’elle. Toujours elle. Si vous connaissez le remède, dites- moi comment me détacher d’elle. Mais, il faut avouer que je n’avais aucune envie de m’en défaire. Il ne pleuvait pas, il faisait même plutôt bon pour ce qui aurait dû être une froide soirée. Je portais un jean abîmé. Un blouson de cuir ouvert sur un pull. Quelle heure était-il exactement ? Qu’importe. Ce n’est pas comme si Michelle allait encore passer ce soir. Elle ne passait plus. Cela faisait un moment. En faite, elle ne passait plus depuis que je l’avais embrassée. J’avais bien compris que je la répugnais. Et puis des rumeurs circulaient. Comment faire taire les rumeurs ? Elle et Shivers. Je ne savais pas si c’était vrai ou non. Je ne cherchais jamais à me renseigner sur ce genre de chose. Mais c’était probablement vrai. J’imagine que dans le cas contraire elle serait encore passée chez moi le soir, après tout je lui avais déjà fait endurer plus qu’un baiser, non ? Qu’importe. Elle et Shivers. Ce gars faisait partie de ceux qui étaient à tout moment observés par une horde de filles en chaleur. Michelle était comme ça ? Je ne crois pas. Peut être a-t-elle juste céder à son charme ? Tu parles. Je ne savais pas quoi penser, d’ailleurs je ne préférais pas y penser. Ma gratte me manquait déjà et je parcourais les rues un peu trop fréquentée à mon goût. Mais le jour commençait déjà à décliner et les passages se faisaient plus rares. Je prenais mon temps. Mes cheveux toujours atrocement en bataille et mes mains dans mes poches. J’arrivais enfin à la fontaine. Ils étaient déjà tous présent. Entre camé, on se comprend, non ? Je m’approchais du groupe que j’avais l’habitude de fréquenter et serrais quelques mains. Directement mes mains me guidèrent à ma poche et je m’en sortais une cigarette que j’allumais machinalement. Je m’asseyais et refusais ce qui tournait entre eux. L’un d’eux laissait glisser entre mes mains un sachet de poudre blanche tandis que je glissais dans l’une des siennes un billet. Je glissais le tout dans ma poche et relevais les yeux vers la lune. Je baissais finalement mes yeux pour prendre la discussion en cours. La même sauce que d’habitude. Leurs problèmes à trouver de la bonne came. Les filles qui se bousculaient, soi-disant, dans leur lit. Des bagarres. Encore des filles. Un peu de leurs parents. Un peu de leurs professeurs ou de leur patron. Ennuyeux non ? Quoique les histoires de filles pouvaient être croustillantes. Ma cigarette s’était terminée depuis longtemps, le temps passait rapidement. Je m’en allumais alors une autre sentant le reproche dans leurs yeux. Une cigarette ? N’importe quoi. Allez, fais tourner. Bizarrement je n’en avais pas envie ce soir. Bizarrement. J’aspirais quelques taffes en les écoutant toujours d’une oreille. Des bruits de pas entrainèrent alors leurs ricanements.

Hapiness is a warm gun.

Je n’étais vraiment pas dans le même trippe qu’eux. Je ne m’étais même pas aperçu que quelqu’un arrivait. L’un d’eux se levait alors et regardait qui arrivait avec plus d’attention. Un sourire se dessinait sur ses lèvres. Un de ces sourires qui ne présage rien de bon. Il s’approchait alors de la silhouette. Il lui demandait ce qu’elle faisait ici. Pourquoi elle se promenait toute seule. Une fille évidemment. Ces mecs en constant manque n’en pouvaient plus. Personnellement je ne comprenais même pas où ils allaient en venir, et puis ce n’était pas mon problème. Je le voyais passer son bras autour d’elle et l’emmener vers nous. Nous étions assis par terre, un peu dans un bordel incompréhensible. Contre le mur de pierre, je ne levais même pas la tête. So hold me tight. Une chanson au rythme des années soixante se perdait dans mon esprit de musicien déjanté. Tell me I’m the only one. Mon pied battait quasiment la mesure. Je ne sentais rien de cette tension évidente ? La musique m’attirait beaucoup trop. Un écouteur se perdait dans mon oreille et j’étais à des miliers de kilomètres de tout ce qui m’entourait. Mes yeux se levèrent alors. Michelle. Putain, qu’est ce qu’elle foutait là ? Je ne montrais rien de mon étonnement. Ils auraient eut des réactions possessives envers elle. Sans aucune raison d’ailleurs. Le gars la regardait alors et se collait quasiment à son corps.


« Alors, ça te dis une pilule pour qu’on s’amuse tous ensemble ? »
Disait-il en murmurant à son oreille.


Je n’avais rien entendu. Et je me disais qu’elle ne courait pas de danger. A mes yeux ils étaient pressant mais juste en apparence. Ils n’étaient capables de rien. Comment pouvais-je être si stupide ? Je me levais de ma place et commençais à partir. Le gars m’appelait alors, me disant de revenir, de m’amuser avec eux.


« Non merci. Je n’aime pas les second choix. »
Fut ma seule réponse.


Je voulais paraître tellement froid. Tellement lointain. Putain c’était quoi ce bruit ? Il venait d’ouvrir la tirette de sa veste. La veste de Michelle. Ce n’était pas des conneries leur truc ? Je revenais alors sur mes pas et posais ma main sur son torse. Le poussant très légèrement, pour qu’il ne se sente pas attaqué. Mes yeux se plongèrent dans les siens.


« Laisse-la. »
Soufflais-je.

« Qu’est-ce qu’il te prend Raphaël ? Tu la connais ? »
Raillait-il. La réponse se lisait dans mes yeux.

« Oh oui tu la connais. Et tu ne veux pas que je te la prenne ? Mais elle ne veut sûrement pas de toi. Regarde-toi. T’es comme nous, ne crois pas que tu vaux mieux. T’es qu’un pauvre type qui tuerais pour de la came. Tu la répugnes tout autant que nous. »
Murmurait-il.


Ces mots. Ma main se retirait de lui. Je m’éloignais à nouveau.


« Sois pas idiot. Tu la répugnes, mais là elle n’a pas le choix. Viens en profiter avec nous. »
Souriait-il.


Je m’arrêtais de marcher. Je me tournais vers eux. Il souriait. Je m’approchais alors à nouveau. Doucement. Lorsque je m’arrêtais face à lui et que je vis sa main approcher Michelle de lui je le poussais brutalement et le frappait en pleine figure à l’aide de mon poing. Il tombait à terre. Les autres s’approchèrent. Il leur fit signe de ne pas intervenir. Je le voyais se relever et encaissais le coup qui éclatait mes lèvres. Evidement je répondais à son coup, le frappant dans le ventre. Lorsque je m’écrasais violement au sol et qu’il me donnait des coups de pieds dans le ventre. Je me relevais difficilement. Je finissais par le frapper à nouveau et ça partait dans une bagarre sûrement trop violente.
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Michelle Thann
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MessageSujet: Re: Mauvais début de soirée | Michelle Thann   Jeu 29 Jan - 0:52

    Mauvais endroit. Mauvais moment. Typiquement moi. Ma malchance continuerait-t-elle de me poursuivre ainsi jusqu'à que le fait que je suis maudite devienne une vérité générale? Dire que tout le monde avait l'air de croire que j'exagérais quand je leur disais ça au sens le plus littéral. Regardez donc, encore une preuve ce soir. C'est toujours à moi que ça arrive.
    Je n'aimais pas ces situations, c'est dans ces moments qu'être une fille et qu'être seule est un inconvénient. On y pense pas, sauf quand on croise ce genre de groupe.C'était le genre de choses que je détestais déjà dans la journée, alors autant dire que l'obscurité ne faisait qu'empirer mon stress.

    J'avais failli m'arrêter net en apercevant les silhouettes et entendant les voix et les rires. Que des garçons évidemment. Sauf que m'immobiliser aurait été le meilleur moyen de me faire remarquer. Pourquoi fallait-il que je sois obligé de passer par là? Je tachais de me convaincre qu'il n'y avait rien à craindre combattant le sentiment totalement contraire qui naissait en moi. Décidément c'était un mauvais jour. Plutôt une mauvaise semaine. D'accord, une mauvaise période. Je me sentais mal. Je n'allais plus voir Raphaël depuis qu'il. . . avait dérapé d'une drôle de manière. Je m'étais longtemps interrogé sur ce qui avait pu motiver son geste et j'en avais conclu que c'était un énième moyen de me faire fuir. Alors j'avais exaucé son souhait, je n'allais plus le déranger. Tout était très flou depuis ce soir là, et je devais avouer que si je ne trouvais plus la force de continuer l'étrange routine, ce n'était pas parce que ce qui s'était passé m'avait répugné. Non, c'était tout le problème. Ce baiser avait été trop troublant, dérangeant. Le plan était clair depuis: Ne pas aller frapper à cette fichue porte. Autant dire que les soirées étaient bizarres. Je n'avais pas revu Alexander, je ne sais même pas comment j'aurais réagi devant lui. J'avais d'ailleurs peur de ce que j'aurais ressenti, tout était à nouveau chamboulé. Je prenais même mes distances avec Irina, ma morosité l'intriguait de plus en plus et je ne pouvais décemment rien lui dire. Alors quoi d'autre maintenant?

    En cet instant, j'étais plus satisfaite que jamais d'avoir dépensé deux mois d'économies dans cette veste en cuir qui avait une capuche. Je continuai à marcher, d'un pas prudent tachant de rendre mes vieilles converses encore plus silencieuses que d'ordinaire. Je remontai discrètement la fermeture éclair de mon blouson, cachai ma tête sous ma capuche et enfonçai mes mains dans mes poches. Je baissai la tête, ignorant les regards que je sentais sur moi alors que je tachais de passer le plus loin possible de la petite bande, sans que ce soit trop irrégulier. Discrétion. Allez avec un peu de chance je passerais pour un garçon. Un jeune garçon?. . . Ok, un gringalet de douze ans. Sauf que j'étais maudite donc je n'eus même pas droit à ça. Mes cheveux m'avaient sans doute dévoilée, les traîtres s'échappaient de mon couvre-chef. Je fis de mon mieux pour ne pas partir en courant quand ma vision périphérique repéra une silhouette masculine qui se détachait du groupe pour s'approcher. Rester calme me parut la meilleure tactique. Après tout il ne venait peut-être même pas pour moi. Bon, d'accord j'étais très douée pour nier l'évidence mais c'était le seul moyen de ne pas céder à la panique. La silhouette devint un homme à peine plus agé que moi qui m'arrêta, et que je n'aurais pas pu éviter même en faisant la sourde oreille. Je faisais mon possible pour éviter son regard après lui avoir jeté un rapide coup d'oeil: il était brun et épais, avec un sourire en coin qui ne me plaisait pas vraiment. Et je faisais de mon mieux pour ne pas voir la façon dont ses yeux me dévisageait puis descendait sur moi. "Qu'est-ce que tu fais toute seule à te promener ici?" . . . Excellente question! Je ravalais difficilement ma salive, me sentant complètement idiote mais je ne pouvais pas sortir un mot. Je me raidis complètement quand il passa son bras autour de moi. Je me sentais encore plus petite et menue avec cette énorme patte qui m'entourait, et tellement. . . fille. Et comme à mon habitude le contact physique me dérangeait énormément.

    Lui n'avait pas l'air de s'en offusquer malgré ma réticence évidente. Je faisais de mon mieux pour cacher ma crainte, une sorte d'instinct me disait que c'était mieux. Il m'entraîna vers les autres. Mon angoisse augmentait. Plein de monde, plein de garçons autour de moi et j'étais toute seule et horriblement sans défense. Je détestais ça. C'est à ce moment là, alors que je croyais tout espoir envolé, que j'allais leur dire que je n'avais pas d'argent sur moi, et que j'évitais de regarder tous les garçons qui m'entourait que je le vis. Raphaël. Mon cerveau se demandait un instant si c'était bon ou mauvais signe mais je me détendis nettement en le reconnaissant. Je n'aurais peut être pas dû car le garçon qui m'avait abordé se colla alors à moi. Il me dégoutait complètement, mais je me disais qu'une réaction trop violente était impossible. Dire que j'étais en minorité était un euphémisme.

    Je ne pus m'empêcher de reculer légèrement mon visage tandis qu'il me proposait à l'oreille de s'"amuser" avec eux. Ok, peut être que ce n'était pas de l'argent qu'il voulait de moi en fait. Cette pensée embrouilla mon regard, me retourna l'estomac mais je ravalais les larmes. J'étais piégée. J'aurais voulu supplier Raphaël du regard, mais je ne voulais pas jouer les demoiselles en détresse. Il se leva, je le regardais horrifiée alors qu'il partait. Idiote. Qu'est-ce que je croyais? Qu'il se préoccupait de moi peut-être? Je ravalais un nouveau sanglot, consciente que j'allais devoir me défendre comme je pouvais et dépitée de savoir à quel point je risquais d'être inefficace. Le brun collant le rappela pour qu'il se joigne à ce qu'il semblait voir comme une petite fête. Mon humiliation, leur divertissement. Raphaël déclina la proposition mais sa réponse me fit froncer les sourcils. Qu'entendait-il par "second choix"?

    Je n'eus pas le temps de m'interroger plus longtemps, car je sentis la main du type près de moi enlever ma capuche de ma tête et je me glaçais sur place. J'étais sure à 90% que je n'arrivais plus à cacher la peur de mon visage. Je balbutiais un "Laissez moi", que je regrettais aussitôt car il déclencha des éclats de rire et un amusement plus grand encore au sein de la bande. Je grimaçai en essayant de me reculer un maximum, mais mes mouvements étaient limités par le bras de la brute qui m'entourait toujours. Les larmes se firent plus pressantes quand il ouvrit ma veste, je fis mon possible pour me dégager mais le brun resserra encore sa prise et m'empoigna avec force. Un autre se leva avec des yeux affreusement pétillants. Plus d'espoir. Piégée.

    Il n'était pas parti. Raphael réapparut et s'interposa, posant sa main sur la brute et le repoussant légèrement. "Laisse la". Mon coeur eut un raté. Je ne pouvais pas détacher mes yeux de lui. Il. . . prenait. . . ma. . . défense. Ma peur disparut un instant.
    Je fus ramener à la réalité par la voix de l'autre garçon dont l'attention était détournée de moi au profit de Raphaël mais qui ne libérait pas mon poignet. Je suivis l'échange. Mon sauveur devenait de plus en plus tendu, le brun épais le cherchait ouvertement. Ses paroles contre celui qui venait de m'aider me mirent étrangement hors de moi. Non, je n'étais pas d'accord, non il n'était pas comme eux. La comparaison n'était même pas acceptable. Raphaël encaissa, puis s'éloigna comme défait. Non, n'accepte pas.

    Et puis, l'espèce de brute leva fièrement mon poignet endolori entre ses doigts et invita à nouveau celui qui venait de me défendre à se joindre à eux. Et je crois que c'est à ce moment là que tout bascula. Raphael se figea et fit volte-face. Et je ne connaissais que trop bien l'expression sur son visage. Il revint et l'idiot à mon côté commit une ultime provocation en me serrant contre lui d'une manière suggestive tandis que je le repoussais du mieux possible. Je fus étonnée de ma force quand je me sentis soudain libre de toute étreinte avant de voir le poing de Raphael frapper en pleine figure le brun qui tomba à terre. Instinctivement je me reculais, tandis que tous les autres étaient à l'affut et la terreur me regagna. Mais pour de toutes autres raisons.

    Mon souffle se coupa quand l'ordure rendit son coup à Raphaël. Et j'eus aussi mal que lui, j'allais me précipiter vers lui mais me reculai à nouveau alors qu'il frappait encore.
    _ "Arrêtez!" criai-je, enfin je retrouvai l'usage de la parole. A qui m'adressai-je je n'en savais rien je voulais juste que ça s'arrête. Et la raison me frappa comme un coup de fouet: je voulais que ça s'arrête parce que je ne voulais pas qu'il soit blessé. J'avais peur, j'étais terrifiée, je ne supportais pas l'idée. Les larmes roulèrent sur mes joues alors que Raphaël se trouvait à terre. Sans réfléchir, je tirais inutilement sur le bras de la brute pour qu'il arrête, secouée par ces saletés de sanglots incontrolables. Je fus repoussée en arrière et lachait prise juste avant que Raphael ne se défende à nouveau debout.

    Une pause. J'en profitais. Je me jetais littéralement entre les deux jeunes hommes, tournée vers Raphael les yeux suppliants, je m'approchais de lui et posais mes mains à hauteur de son torse dans un geste étrangement naturel pour moi. L'autre oserait-il me frapper? Peut-être. Nous n'avions pas de temps.

    _"S'il te plaît... On s'en va" lachais-je avant de le tirer par le bras, même si bouger n'appartenait qu'à lui. Je tachais de l'entraîner, mes yeux le regardait avec un mélange de gratitude, d'admiration et de peur. Il fallait vraiment qu'on se tire de là et vite. Je ne pourrais pas en supporter plus.
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MessageSujet: Re: Mauvais début de soirée | Michelle Thann   Lun 2 Fév - 23:15

I need a shoot because I’m falling.

Tout était allé trop vite. Beaucoup trop vite. Comme si le film de ma vie passait trop vite pour que je sois capable d’en être l’auteur et l’acteur. Il aurait été tellement simple de ne pas laisser les choses déraper à se point. Simplement me rendre compte tout de suite qu’il s’agissait de Michelle. Ou simplement de savoir qui était exactement ces mecs. Moi qui avait toujours cru qu’ils étaient grande gueule mais capable de pas grand-chose. Je m’étais trompé. Heureusement que j’avais compris qui ils étaient avant de partir. Moi qui avais faillis . . . partir. Qu’aurait-elle fait ? Qu’auraient-ils fait ? Peut être valait-il mieux ne pas y penser. Depuis combien de temps ne m’étais-je pas battu ? Assez longtemps pour ne pas être assez vigilant. Je sentais à ses coups qu’il avait l’habitude de ce genre de situation. Malgré mon manque d’habitude mes coups étaient certains et je me sentais comme guidé. Pourquoi ? J’étais tellement sur de moi, comme d’habitude, comme si rien ne pouvait causer ma défaite. Lorsque j’étais tombé au sol j’avais sentis le sol beaucoup trop dur, beaucoup trop douloureux. Et ma lèvre. Ma lèvre était complètement éclatée. Je sentais le goût du sang se répandre entre mes lèvres pour finir par atteindre ma langue. Cette sensation était atrocement dégoûtante, tout autant que le goût d’ailleurs. Qu’importe, ce n’était même pas ça qui m’arrêtait. Mes jambes avaient repris possession du sol et je m’étais relevé sans hésitation. Les coups de pied que j’avais reçu dans le ventre faisaient encore battre mes tempes. Mais je m’étais rapidement vengé. Et son ventre avait, à son tour, été la victime de mes nombreux coups. Ou allait nous mener cette bagarre ? A rien. En tout cas de mon côté, les choses ne m’emmenaient jamais bien loin. Et Michelle était sûrement déjà partie à me voir ainsi. Elle avait l’air de détester la violence et toute personne qui s’y prêtait. Tant pis. Qu’elle parte. De toute manière nous n’avions plus de grandes affinités depuis un moment. Depuis que je . . . Depuis qu’elle ne venait plus. Un soupire s’échappait de mes lèvres tandis que je reprenais ma respiration entre deux coups. Arrêtez. Sa vois continuait à résonner dans mon esprit. Elle n’était pas partie. Loin de là. Elle observait même la scène et voulait y mettre fin. Pendant ce moment d’inattention, l’autre en profitait pour m’envoyer à nouveau au sol. Mais maintenant que je savais qu’elle était là, le sol me semblait un peu moins dur, les coups un peu moins violents. Je la voyais alors s’accrocher au bras de mon adversaire. J’espérais sincèrement qu’il ne se mette pas à la frapper elle aussi. Mais non. J’eus un soulagement évident lorsqu’il se contenta de la repousser du bout du bras. J’en avais profité pour me relever vivement et me jeter sur celui qui me faisait face. Je sentais encore le sang se répandre sur mes lèvres mais je n’y prêtais plus attention.

I’ve just seen a face, I can’t forget . . .

Un sourire en coin se dessinait sur mes lèvres où du sang gouttait encore. Mes mains s’écartèrent légèrement et mes yeux se plongèrent dans les siens. Comme pour lui signaler qu’il n’avait qu’à venir. J’étais prêt. Est-ce que je le cherchais ? Un peu, sûrement. Mais je voulais surtout en finir. J’avais cette envie incompréhensible de le démolir. Incompréhensible ? Pas certain. Ce n’était qu’une pause sensée nous laisser le temps de nous insulter en reprenant quelques forces. Un véritable cercle s’était formé autour de nous mais celui-ci fut écarté par la cause de tout ça : Michelle. Et elle se jetait sur moi. Je sentais ses mains sur mon torse. Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Pourquoi ? Elle qui avait toujours évité tout contact avec moi. Pourquoi me touchait-elle à cet instant ? Pourquoi avais-je cette étrange impression de complicité entre nous ? S’il te plait. On s’en va. On ? J’avais bien entendu ? On ? Ca voulait dire qu’elle voulait qu’on parte ensemble ? Sans garder cette distance conventionnellement entre nous ? Comme nous en avions l’habitude ? J’avais du mal à cerner les choses. Malgré toute mon incompréhension, je gardais cet air tellement inaccessible. Etrange non ? Je la sentais alors tenter de m’attirer par le bras. Ses yeux. Je n’arrivais pas à comprendre ce que j’y lisais. L’autre s’approchait alors avec un faux air attendri.


« Tu nous avais caché ta copine. Alors comme ça, on ne partage pas ? »
Sifflait-il.

« Enfin, c’est plutôt toi sa copine puisqu’elle te protège, hein ? »
Ajoutait-il mauvaisement.


Avec douceur et fermeté je me dégageais de l’emprise de Michelle. Je m’approchais alors de l’autre et donnais un coup dans sa mâchoire. Il attrapait alors mon poignet et je basculais contre le sol. Il m’envoyait plusieurs coups dans les côtes et je le faisais tomber au sol à mon tour. Je le lâchais alors et reculais légèrement. Il me fixait en se relevant et étrangement nous échangions un sourire. Pourquoi me sentais-je aussi vivant ?


« Vas-y. Qu’est-ce-que t’attends ? Viens me frapper. »
Dis-je en souriant.


Un léger rire s’échappait de mes lèvres. J’attrapais la main de Michelle dans la mienne. Et l’attirais derrière moi, courant sans la lâcher. Oh comme je pouvais être lâche parfois. Mais ils étaient une dizaine et nous étions deux. Je finissais par passer dans une ruelle. Ma main se posait instinctivement sur sa bouche pour qu’on n’entende pas sa respiration. Mon corps était sûrement trop près du sien. Lorsqu’ils furent passés je m’écartais d’elle. Je m’adossais au mur et laissais échapper un léger rire.
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MessageSujet: Re: Mauvais début de soirée | Michelle Thann   Mer 4 Fév - 19:39

    Il y a des jours comme ça où on aimerait être un mec et peser 100 kilos. Pas forcément pour frapper mais pour dissuader. En ce qui me concernait j'étais loin, loin du compte. Et bizarrement bien que je ne reçus aucun coups, j'étais frappée par chaque élan de violence. On pourrait croire qu'on est désensibilisé de ce genre de scène après les avoir vu des centaines de fois au cinéma, mais c'est faux. C'est impressionnant. Et effrayant. Et énervant. Encore plus quand on est frustrée et impuissante comme je l'étais.

    Je voulais tellement m'en aller, fuir loin. Mais pas sans lui. L'idée ne m'avait même pas traversé l'esprit. C'était peut être là que je faisais une erreur. Ne pas pouvoir partir sans lui. Je tentais de le faire venir mais la décision de nous sortir de là n'appartenait qu'à lui au final. Je ne risquais pas de le forcer à faire quoi que ce soit. C'est un fait établi ce soir: je ne suis pas en position de force. Ma main se resserra légèrement autour du bras de Raphaël quand son adversaire reprit les provocations. Mon regard vrilla un instant vers lui puis l'ignora pour se reconcentrer sur celui qui m'avait sorti d'affaire. . . ou presque. Mes yeux tentaient désespérément de lui faire comprendre; laisse tomber, disaient-ils. Ses yeux à lui ne me disait rien, je n'y lisait rien à part peut être de la surprise mais son expression restait impassible.

    L'envie d'être plus forte augmenta quand je compris qu'il n'écoutait pas. Qu'il ne voyait pas. Il se dégagea de ma main chose pas vraiment difficile sans pour autant me brusquer mais son geste m'arracha une grimace. Il frappa à nouveau l'espèce de brute et j'étais furieuse. La colère bouillonnait, comment peut-on être intelligent mais d'une manière si stupide? Je ne comprendrais jamais. Je sursautais en voyant Raphaël retombait au sol et résistait au besoin étrange de courir lui porter secours. Je ne pouvais pas. Et c'était sans doute la partie la plus horrible. La peur recommençait à faire ses ravages sur moi. Je me reculais légèrement, une de mes ridicules larmes s'échappant à nouveau tandis que deux autres garçons de la bande qui étaient restés un peu à l'écart de la bagarre posaient leur yeux sur moi. Vous pouvez pas tous m'oublier, criais-je dans ma tête. J'enfouissais alors mon visage dans mes mains perdant à nouveau espoir en entendant seulement les coups échangés tout près. J'essuyais mes yeux inutilement avant de rebaisser les bras et je sentis aussitôt une main attrapée la mienne. Je relevais les yeux surprise par ce contact qui n'avait rien d'hostile et mes pieds suivirent le mouvement, tandis que j'étais attirée derrière Raphaël. Avait-il "gagné"? Pourquoi décider de partir maintenant? Peu m'importait .

    En une fraction de seconde, je compris et courut du mieux possible derrière lui sans lâcher sa main. Je devais pourtant considérablement le ralentir, et je devais me concentrer pour ne pas trébucher tandis que j'entendais la bande sur nos talons pas prête à nous lâcher apparemment. Je n'avais pas d'idée de la distance qui nous séparait et décidait qu'il valait mieux que je ne sache pas.

    Soudain sans vraiment comprendre comment, j'étais contre un mur dans une ruelle, une main plaquée sur la bouche. Mes yeux s'ouvrirent plus largement avant de trouver le regard de Raphaël qui me rassura étrangement. Mes yeux vrillèrent vers le bout de la ruelle, ma respiration forte et haletante couverte par la main de celui qui m'avait tiré de là. Je fermais les yeux de soulagement lorsqu'ils furent passés. Raphaël s'écarta alors, s'adossa au mur dans un geste qui lui ressemblait affreusement tandis qu'à l'inverse je m'en écartais. Mes yeux étaient fixés sur lui reflétant le mélange de tout ce que je ressentais. Tout était là en même temps et je ne pouvais rien dire, je reprenais calmement ma respiration en le regardant. Je le dévisageais.

    Et là, la stupide fille au fond de moi fit la chose la plus embarrassante qui soit. Je jetais mes bras autour de son cou serrant mon étreinte au maximum dans un de ces saletés de geste anormalement naturel, appuyant ma joue contre sa veste.J'inhalais profondément l'odeur de cuir et de cigarette qui s'en dégageait. J'avais eu tellement peur, j'avais sans doute besoin de quelques secondes pour me rassurer encore. Mon corps avait peut être simplement ressenti que c'était ce dont il avait besoin.
    _"Merci" lachais-je pour accompagner mon geste.
    Le rythme de mon coeur se calma, et ma raison me revint comprenant soudain ce que j'étais entrain de faire. Je me reculais immédiatement, et j'aurais tout donner au monde pour dire que je ne rougissais pas. J'espèrais de toutes mes forces que ce n'était pas le cas. Je baissais les yeux honteuse et étonnée par ma réaction.

    C'est à ce moment là que je me souvenais du léger rire qu'il avait laissé échapper avant que je ne me ridiculise complètement et une autre des émotions qui bouillonnait à l'intérieur fit surface. Mes yeux se relevèrent, et je lui jetais un regard noir. Mon poing frappa l'épaule de Raphaël et je me fis sans doute plus mal que je ne lui en fis à lui. Je devais avouer que peut être cela me permettait aussi de cacher l'embarras dû au "calin". J'espèrais que j'avais plus de crédibilité qu'un chaton en colère.
    _ "Et il n'y a rien d'amusant !" m'exclamais-je tout en parlant à voix basse. "Pourquoi ne pas être parti quand je te l'ai dit? Qu'est-ce que ça voulait dire?!" continuais-je en repensant à ce qu'il avait fait.

    Mes yeux glissèrent sur son visage et s'arrêtèrent sur sa lèvre éclatée et la colère s'évanouit laissant place à une nouvelle émotion. Il y en avait beaucoup d'autres qui allaient se pointer comme ça? Mon regard s'adoucit et je secouais la tête. Ma main se releva en direction de sa blessure puis retomba un peu avant de le toucher alors que je pinçai les lèvres, mes yeux se raccrochant aux siens. Mon regard était toujours brillant, moi même j'aurais pu le dire. Je repensai aux coups qu'il avait reçu. Flash, sa lèvre éclatée. Flash, les coups violents dans son estomac. Il devait avoir vraiment mal.
    Je baissais à nouveau les yeux et me mordit la lèvre inférieure confuse.

    _"Ecoute, je suis désolée. . . Je sais qu'il t'as dit des choses. . ." commençai-je, sourcils légèrement froncés, comprenant que Raphaël se soit énervé vu comme le brun dégoutant l'avait insulté plusieurs fois. "Mais tu n'aurais pas du t'énerver, ce que pense ce type n'a pas d'importance. . ." Je voulais lui faire comprendre que ce que lui avait dit cet espèce de déchet humain était faux, et que par conséquent il n'aurait pas du s'en offusquer mais je pouvais comprendre qu'il l'ait fait. La fierté d'un homme le rend souvent stupide.
    Je relevais mes yeux vers lui essayant de voir s'il souffrait beaucoup de ses blessures, parce que c'était sans doute ce qui me préoccupait le plus à cet instant.
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Raphael Reed Carpenter
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MessageSujet: Re: Mauvais début de soirée | Michelle Thann   Lun 16 Fév - 23:19

Serait-ce le moment de baisser la garde ?

Le mur était vraiment froid, glacé. Mais je n’en sentais pas l’humidité. Pourquoi ? Parce que je me sentais bien, et la moindre des sensations qui me traversait me donnait juste l’impression d’être affreusement vivant. Atrocement vivant. Et j’adorais ça. Sa respiration était réellement audible, c’était à peine si je n’entendais pas son cœur battre beaucoup trop fort pour un rythme cardiaque normal. Saleté de scientifique en moi qui refaisait surface. Je chassais cette pensée de mon esprit et tournais mon visage vers elle. Pourquoi me dévisageait-elle autant ? Lui avais-je fais mal au poignet ? Possible. Ou bien était-ce ma lèvre qui saignait toujours autant ? Ou quelques gouttes de sang qui se perdaient sur mon blouson ? Je n’en avais aucune idée. Tout se passa un peu trop rapidement pour mon esprit parfois beaucoup trop lent. Ses bras. Sa respiration. Son odeur. La douceur de ses cheveux. La chaleur de son étreinte. La froideur de ses mains qui frôlaient ma nuque nue. Qu’est ce qui lui prenait ? J’avais du mal à cerner ses réactions. Mais pour la première fois je voyais bien qu’il n’y avait là rien d’ironique. Elle avait réellement eut peur. Réellement ? Pourquoi les filles avaient toujours ce goût du danger ? Pourquoi ? Je l’avais frappée et elle me serrait dans ses bras si fragiles ? Pourquoi ? Pourquoi la victime finissait-elle toujours par se jeter dans la gueule dangereuse de son bourreau ? Et pourquoi les filles aimaient-elles sentir ce frisson dû à la peur et à l’excitation ? Je n’en savais rien, et je ne pensais sincèrement pas le comprendre un jour. Cherchais-je à le comprendre ? Je n’en suis pas sûr. Je sentais simplement que son cœur se calmait peu à peu. Etais-je en train, malgré moi, de la rassurer ? Non. C’était . . . Impossible ? Elle allait me rendre complètement fou. Je sentais son souffle rapide et apaisé. Comme le calme après la tempête. Mes bras hésitèrent longtemps. Trop longtemps sûrement. Oui. Je m’apprêtais à les glisser autours d’elle quand elle se dégagea d’un coup. Comme si elle avait reçue une décharge électrique. Etait-ce dégoûtant de se rendre compte qu’elle était contre moi ? Contre Raphaël. Je ne faisais rien remarquer. Mais après tout pourquoi cherchais-je à aller vers elle ? Je ne devais plus rien tenter. Plus rien. Ce n’était pas la peine, et c’était beaucoup trop dangereux. Je crois que chercher l’amitié avec elle était peine perdue si je ne pouvais pas la prendre dans mes bras pour la rassurer. Mais après tout, connaissais-je véritablement l’amitié ? Face à moi je sentais son regard se poser sur moi. Sur mon blouson de cuir et sentant beaucoup trop fort la cigarette. Je plongeais instinctivement mes yeux dans les siens. Nous nous étions évités pendant tellement de temps, comment allait finir cette soirée ? Toutes les soirées que nous avons passées ensemble se sont mal terminées, pourquoi celle-ci ferait-elle exception ?

Les exceptions sont tellement rares.

Son merci avait résonné dans mon esprit. Merci de l’avoir protégée ? Je lui devais bien cela non ? Ses yeux qui s’étaient plongés dans les miens avaient été accompagnés de ce coup dans mon épaule. D’un geste instinctif plus que conscient j’avais porté mon autre main à mon bras. Ne s’était-elle pas rendue compte que je m’étais pris un nombre de coups qui m’avait quelque peu fragilisé ? Je serrais les dents un cours instant et le lancement de légère douleur disparaissait. Rien d’amusant ? Ah oui. Je venais de rire. Après tout les montées d’adrénaline étaient tellement agréables. Et puis c’était moi qui étais partit avec la fille, pas eux. J’avais peut être aussi un peu de fierté masculine face à tout ces mâles qui se croyaient inégalables. Pourquoi ? Mais parce qu’on prend parfois goût à se battre. Surtout quand on sent le regard anxieux d’une fille sur nous. Peut être . . . Sûrement même . . . Qu’on se sent important. Et vraiment vivant. Je répondais à ses inquiétudes par un sourire au coin de mes lèvres. Du revers de la manche j’essuyais une goutte de sang qui perlait encore. Je voyais alors sa main s’approcher de mon visage, s’approcher de ma peau. Allait-elle . . . ? Non. Ses lèvres accompagnèrent la réticence de son geste et ses yeux retrouvèrent les miens. Qu’il m’a dit des choses ? Qu’essayait-elle exactement de faire ? De me rassurer ? J’en avais l’impression. Ce qu’il pense n’a pas d’importance pour qui ? Pour elle ? Pour les autres ? Pour moi-même ? Mais que pense-t-elle de moi ? Elle ne m’a jamais rien dit clairement . . . Je ne lui ai jamais rien dit clairement. Ses yeux s’étaient baissés et elle finissait par les relever. Pendant combien de temps allions-nous parler de cette bagarre, de mes blessures et de la douleur que je peux ressentir à cette instant ? En réalité on s’en fiche complètement. Je m’en fiche complètement.


« Tu viens boire un verre ? »
Lui proposais-je en plongeant mes yeux dans les siens.


Je me décollais alors du mur et sortais une clope et mon briquet de ma poche. Je l’allumais alors machinalement et sortais du cul-de-sac où nous nous étions enfoncés comme des gamins dans une partie de cache-cache un peu trop dangereuse. Avait-elle répondu oui pour le verre ? Je n’en sais rien, mais elle avait eut cet air curieux qui m’avait poussé à ne pas attendre de réponse. A la laisser me suivre si elle le voulait. Nous arrivions déjà à la porte du bar en question. J’écrasais ma cigarette et passais mon bras derrière elle, lui faisant comprendre de passer devant moi. Je voulais tout de même l’avoir à l’œil. Ce n’était pas le genre de bar où une fille pouvait entrer sans se faire directement abordée. La musique du groupe qui passait était tellement forte que les gens devaient parler bien trop fort pour parvenir à communiquer. Je m’accoudais au bar. Cet endroit c’était un peu mon endroit. J’adorais cette ambiance de musique trop forte. Je sentais qu’on posait une main sur mon épaule. Je me retournais et deux filles me faisaient face. J’esquissais un sourire et leur faisait la bise. « Alors tu ne joues pas ce soir ? C’est dommage. Ca réchaufferait toute la salle. » Je répondais que ce n’étais pas prévue. Sous leurs insistances je finissais par dire que je jouerais peut être plus tard. L’une d’elle remarquait alors la présence de Michelle. Je la présentais alors comme une amie de fac. La fille semblait rassurée. J’esquissais un sourire. Je repartais toujours d’ici seul, et je leur paraissais tellement inaccessible qu’elles ne me voyaient pas finir avec une fille « sage » de la fac. Elles partaient alors. Je me faisais servir ce que je prenais à chaque fois et laissais Michelle se faire servir ce qu’elle voulait. La musique était du vieux rock qui résonnait. J’adorais ça. Je sentais une nouvelle personne se jeter sur moi. Je saluais alors une autre habituée. Nous échangions quelques mots et elle finissait par m’entrainer sur la piste. Danser sur ce vieux rock c’était réellement agréable. En tant que mec je n’avais pas plus à faire que bouger légèrement dans le rythme et laisser la fille faire le reste. Sûrement qu’elle s’approchait trop près de moi, mais je faisais plus attention à la musique qu’à elle. Je finissais par revenir à côté de Michelle. La fille revenait avec moi, nous parlions quelque peu et elle se penchait pour murmurer à mon oreille. Je riais légèrement et prenais une gorgée de mon verre. Je plongeais alors mes yeux dans ceux de Michelle.


« J’imagine que t’as pas l’habitude de ce genre d’endroit, hein ? »
Dis-je en m’approchant près d’elle, pour qu’elle m’entende.
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Michelle Thann
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MessageSujet: Re: Mauvais début de soirée | Michelle Thann   Ven 27 Fév - 20:56

    Je remerciais silencieusement l'obscurité de la ruelle. J'étais quasi sure que grâce à elle, il était impossible de voir que mon visage avait viré au cramoisi. Qu'est-ce qui m'avait pris de le prendre dans mes bras comme une petite fille de 7 ans? Il avait du me prendre pour la dernières des idiotes. J'accordais habituellement peu d'importance à ce qu'il pouvait penser de moi, après tout je savais qu'il me voyait surtout comme quelqu'un de gênant, un parasite dans sa vie. Du moins, ça avait été mon rôle. J'y avais renoncé quelques semaines plus tôt, mais, pour ma défense, il l'avait complètement cherché. Depuis quand le laissais-je décider? Depuis qu'il m'avait embrassé et fait ressentir quelque chose que je ne voulais pas ressentir. Ok, voilà qui est résolu, je suis une trouillarde et une lâche.

    Au moins, il ne m'avait pas repoussé, je me sentais assez stupide comme ça, je n'avais pas besoin de me sentir rejeté. Surtout pas à cet instant, où, avouons-le, je lui étais incroyablement reconnaissante. Il soutint mon regard, quand mes yeux cherchaient les siens mais généralement, il resta . . . sans réaction. Il devait être perdu entre mes changements d'humeurs et d'émotions, même moi je l'étais. Je voulais lui demander si sa lèvre le faisait beaucoup souffrir. Je ne voulais pas qu'il ait mal. Au lieu de ça, je regardais attentivement la dite lèvre et . . . rien. Je la fixais sans rien dire. J'attendais que le contrecoup de ce qui venait de se passer me frappe. En même temps j'avais déjà était suffisamment bouleversée sur le moment et peut être qu'il me serait épargné.

    C'est quand mes yeux osèrent à nouveau rencontrèrent les siens, que Raphael dit enfin quelque chose. Je fus prise au dépourvue par sa question et fronçai les sourcils par réflexe. Quoi? Il me proposait d'aller boire un verre? Maintenant? J'étais peut être sous le choc et avait compris de travers. Je le fixais un instant mais il n'ajouta rien et se contenta d'allumer une cigarette. Quand il sortit de la ruelle, mes pieds firent mon choix pour moi et le suivirent. Où allait-il? Que voulait-il? Cherchait-il simplement à me distraire ou se fichait-il totalement de ce qui venait de se passer? Peut-être qu'il avait l'habitude de ce genre de choses et sa désinvolture avait pour conséquence de me faire me sentir encore plus ridicule d'être aussi bouleversée. Nous arrivions devant la porte d'un genre de bar, j'étais certaine de n'y avoir jamais mis les pieds. Je n'étais pas une fan de ce genre d'endroits, les rares fois où je m'y étais trouvé je m'étais sentie mal à l'aise, pas à ma place ou m'y étais ennuyé pendant que la personne qui m'y avait trainé s'amusait. A l'occasion une personne empestant l'alcool m'avait approché et parlé de beaucoup trop près et j'avais fait de mon mieux pour leur faire comprendre de me laisser tranquille poliment. Non, ce n'était décidément pas le genre d'endroit qui était fait pour moi. Je me figeais légèrement devant la porte, une légère grimace sur le visage, était-ce puéril d'avoir envie de supplier Raphaël de ne pas rentrer maintenant que je voyais la foule qui avait l'air de se presser à l'intérieur?

    Avait-il senti mon malaise? Peut être bien. Il passa son bras derrière moi me faisant passer en premier. Je n'osai pas lui dire que j'aurais préféré rentrer en me cachant derrière lui. Je laissais Raphaël me guider à l'intérieur puisqu'il avait l'air familier avec l'endroit cachant mal mon inconfort, tandis que je me faufilais entre les silhouettes pour la plupart plus grande et plus large que moi, jusqu'à ce que nous nous retrouvions au bar. Je tentais un regard vers Raphaël. Aucun doute, lui était parfaitement dans son élément, alors qu'il s'accoudait au comptoir on aurait pu croire qu'il appartenait au bar. Je tirais sur les manches de mon cardigan sur lequel j'avais laissé ma veste. Le cuir était rapidement de trop toutefois dans cet endroit et il faisait vraiment chaud. La musique était très forte. Trop forte sans doute. L'air était chargé de fumée et d'effluves d'alcool. Il y avait beaucoup d'hommes et je cherchais des yeux d'autres filles histoire de me sentir une peu moins seule. Autour du bar je repérais une femme d'une quarantaine d'années, ses cheveux était décoloré et elle était trop maquillé mais elle n'était pas non plus laide. Deux hommes qui avaient sans doute la moitié de son âge l'encadrait. Je ne sais pas pourquoi je baissais les yeux mais je les détournais immédiatement quand je remarquais que la femme portait ce qui aurait du être une jupe et non une ceinture un peu large et que chacun des hommes avait une main plaçait sur l'intérieur de chacune de ses cuisses. Okay dégoutant, pensais-je en regardant à nouveau vers Raphaël.
    Etouffant, je ne pus tenir plus longtemps et retirai ma veste la plaçant sur le haut tabouret. J'ignorais au mieux les regards qui se posaient alors sur moi. J'avais bien conscience de faire peut-être tache dans le décor, mais ils pouvaient m'ignorer c'était aussi bien. Inutile de me fixer ainsi.

    Quand je posais à nouveau les yeux vers celui qui m'avait condamné à affronter ça, je remarquais d'autres filles. Non, je n'étais pas seule. Pourtant, je n'étais pas soulagée de les voir non plus. Elle fixaient toutes Raphaël. Génial des groupies. Est-il possible que je me sente encore moins à mon aise? J'allais découvrir que oui. Deux filles, affreusement jolies et surtout apprêtées s'approchèrent et firent la bise à Raphaël. Je comparais ma tenue jean-cardigan-converses avec les leurs et me sentit encore moins à ma place. Je n'étais pas jalouse. Non, Raphaël et moi n'étions pas ensemble, je le savais mais après tout elles n'en savaient rien. Il aurait été possible que nous soyons ensemble - dans une dimension parallèle. Leur attitude m'agaçait car quelque part elles flirtaient sans vergogne avec lui et me snobaient ouvertement. Et elles ne savaient pas que nous n'étions pas autre chose que des amis. Je cachais au mieux mon irritation et ne me fatiguait pas à feindre un sourire quand Raphaël me présenta. Je détournais la tête et jetais un oeil autour de moi sans vraiment regardait quoique ce soit de précis. Finalement les premières groupies - oui parce que j'étais certaine qu'il y en aurait d'autres, s'en allèrent et on se fit servir quelque chose à boire. Le barman fut surpris quand je demandais une limonade comme si je lui avais demandé un cocktail kiwi-goyave. Finalement, je ne touchais même pas à mon verre et me contentait d'appuyer mon dos contre le bar.

    Le banc de groupie n°2 débarqua 5 minutes plus tard, une version plus excitée que la précédente. Une fille encore une fois vraiment jolie se jeta sur Raphaël dans un tourbillon de magnifiques et longues boucles blondes et le tira par le bras jusqu'à la piste de danse après avoir échangé quelques mots. Je m'efforçais de ne pas regarder. J'étais horrible comme danseuse, aucune grâce, rien. Cette fille en revanche savait bouger. Un peu trop bien peut être. Son corps bougea en rythme et littéralement contre Raphaël. Quand elle commença à se frotter à lui je détournais les yeux et tachais de regarder n'importe où ailleurs. Qu'est-ce que je faisais là au fait? Je croisais le regard d'un homme à l'autre bout du bar sans doute pas beaucoup plus vieux que moi et baissais immédiatement les yeux. De ma vision périphique, j'avais l'impression qu'il m'observait mais c'était sans doute ma parano. Pas de raison de paniquer.

    45 secondes. A peine 45 secondes plus tard, l'inconnu vint se placer du coté opposé à celui où Raphaël s'était trouvé quelques instants plus tôt, à coté de moi et commanda à quelque chose. Mon regard se fixa face sur la piste de danse, où je pouvais voir Raphaël qui profitait toujours de la musique. "C'est ton petit-ami?" Je me tournais pour voir l'homme qui venait de parler, qui jeta un oeil vers Raphaël avant de me regarder. Il était brun, peut être un peu moins de 30 ans, avec une fossette au menton et des yeux bleus. Il avait ce sourire qui dit 'je-suis-beau-et-je-le-sais-'. Je fis non de la tête en réponse à sa question et tournait à nouveau la tête, les yeux baissés cette fois car le spectacle de la piste de danse devenait pénible. Ne lui parle pas, il s'en ira tout seul, m'expliquais-je dans ma tête. Bien entendu j'avais tout faux. "Je t'offre quelque chose à boire dans ce cas." Ca ne ressemblait pas à une question, et je reposais les yeux sur lui en refusant poliment. J'entendis des rires s'approchaient et vit Raphaël et la groupie n°je-sais-plus-combien revenir à coté de moi. La fille se pencha, murmura à son oreille. J'allais devoir assister à des filles flirtant avec lui toute la soirée? Instinctivement je tournait la tête du côté opposé et constatait que l'inconnu était toujours là, et quand je le regardais il me regardait déjà. "Je m'appelle Tyler" se présenta-t-il tout sourire. D'accord, il était quand même charmant. Je faillis sourire et oubliais de répondre mon nom hochant simplement la tête.

    Le rire de Raphaël retentit à nouveau et mes yeux vrillèrent sans mon accord vers lui. Oui, Blondie a l'air très drôle. Il sembla se rappeler de ma présence et il plongea ses yeux dans les miens. "Pas l'habitude de ce genre d'endroit". Perspicace dis donc.
    Pourquoi est-ce qu'il m'agaçait soudain? J'aurais du lui être reconnaissante pourtant. Il n'y avait pas de raison pour que je me sente si sarcastique par rapport à lui. Enfin, il me laissait toute seule dans cet endroit qui avait sans doute était créé uniquement pour que les gens comme moi vivent un enfer. Oui c'était pour ça, c'était lui qui m'avait traîné ici, ça devait être pour ça que je lui en voulais un peu. Je haussai les épaules en guise de réponse et ajoutai :
    _"Oui et j'imagine que tu vis ici en demi-pension."Je tentai de cacher mon amertume et détournai à nouveau les yeux.

    Je sentis quelqu'un me toucher le bras et croisait à nouveau le regard de Tyler. Ah oui c'est vrai, toujours pas parti. "Tu viens danser?" me demanda-t-il déjà prêt à partir sur la piste. La panique m'envahit légèrement tandis que je secouais rapidement la tête, amplifiant mon refus avec deux ou trois "Non". Je tentais un nouveau regard vers Raphaël, et le regrettais immédiatement quand je vis la parfaite blonde, pressée contre lui, plus particulière sa parfaitement généreuse poitrine pressée contre lui. Je ne pus m'empêcher de rouler les yeux et ma machoire se serra tandis que je retournais mon regard sur Tyler. Okay, qu'est-ce qui m'arrive? Je voulais vraiment partir, j'en avais assez et j'envisageai sérieusement la fuite. Sauf que j'aurais l'air d'une gamine appeurée en faisant ça et c'était la dernière chose que je voulais. Tyler dû prendre ma rêverie pour un signe quelconque puisqu'il s'approcha de moi étendant son bras sur le bar derrière mes épaules. La position devait être drôlement inconfortable pour lui mais il donnait bien le change. Je pris conscience que j'avais les bras croisés et que mon regard se perdait dans le vide en face de moi.
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